
Dans un moment chargé de symboles, le mouvement Hamas a libéré les otages israéliens encore en vie, conformément à l’accord qu'il a conclu avec les États-Unis et leur appareil militaire au Moyen-Orient.
Une démarche qui, dès les premières heures de l’événement, nourrit un flot continu de commentaires et d’interprétations. Un torrent auquel n’échappent pas les pensées et les impressions de l’auteur de ces lignes — des sensations qui, depuis le début de cette annonce, se bousculent dans son esprit.
L’opération a rouvert la porte à des questions fondamentales :
La région entre-t-elle dans une phase d’accalmie durable ?
Ou bien ce qui vient de se produire n’est-il qu’une pause fragile avant une confrontation plus violente ?
Car l’événement, en réalité, n’est pas un simple échange humanitaire : c’est un tournant politique profond qui rebat les cartes à Gaza et déroute à la fois Washington et Tel-Aviv.
Hamas : une présence qu’on ne peut ignorer, malgré les ruines
L’opération de libération – réussie à tous égards – prouve que Hamas, malgré la dévastation, demeure une force opérationnelle et organisationnelle impossible à contourner ou à effacer.
Ce que beaucoup croyaient anéanti sous les décombres revient sur la scène comme acteur central de la négociation.
Le message est clair : le mouvement de résistance n’a pas été brisé, et tout discours sur « le lendemain de Gaza » sans Hamas relève du fantasme politique.
Le nœud de la deuxième phase : après les otages
Il est probable que cette initiative humanitaire devienne un prétexte politique pour Israël afin de reprendre la guerre contre les Palestiniens, à Gaza et même en Cisjordanie.
Après que l’administration Trump a atteint son objectif immédiat – la libération des otages – Tel-Aviv pourrait bien y voir une opportunité de réimposer la logique de la force, sous couvert de « poursuite de l’opération » et de « destruction de l’infrastructure terroriste ».
Cependant, le monde a changé : la légitimité morale d’Israël s’effrite, et les images de dévastation ont transformé la guerre à venir en bataille d’opinion publique autant que militaire.
L’isolement d’Israël et le dilemme de ses alliés
La récente guerre de Gaza a mis en lumière la fragilité du narratif israélien face au monde et ravivé le souvenir du régime d’apartheid sud-africain avant sa chute.
Avec la montée des condamnations populaires et des critiques des ONGs et institutions onusiennes, les alliés occidentaux se retrouvent dans un dilemme moral inédit :
Doivent-ils continuer à soutenir sans réserve un État accusé de crimes documentés et de pratiques ouvertement répressives et fortement condamnables ?
Ou bien chercher une issue politique qui les épargne des conséquences de cet isolement ?
Aujourd’hui, Israël n’est pas menacée militairement dans son existence, mais elle fait face à un danger d’isolement moral et diplomatique, bien plus redoutable à l’ère du pouvoir de l’image et de l’opinion.
Charm el-Cheikh et le désarmement : une table minée
Le sommet de Charm el-Cheikh constituera un test réel de la capacité des puissances régionales à aborder le dossier palestinien sans se plier aux injonctions extérieures – américaines et occidentales.
La question du désarmement du Hamas sera au centre des discussions, mais elle se heurtera à des interrogations incontournables, surtout de la part des délégations arabes et musulmanes qui représentent près de la moitié des participants :
Comment demander à un mouvement encore sous les bombes de rendre ses armes, et qui garantirait sa sécurité et celle de ses civils en l’absence de scrupules moraux chez l’ennemi ou de solution politique globale pour un peuple et une patrie qu’il incarne ?
Rechercher une accalmie sans s’attaquer aux racines de l’occupation, ce n’est pas la paix, mais une tentative de gel temporaire de la douleur.
Une victoire dans le récit et la conscience, une perte sur le terrain
À l’échelle internationale, l’événement marque un tournant dans le discours palestinien : il passe du statut de victime à celui d’acteur capable d’imposer ses conditions sur le terrain et dans la sphère politique.
Mais ce gain immatériel s’accompagne d’un recul tragique sur le plan géographique à Gaza : liquidation de beaucoup de cadres et de combattants, massacres des populations, destructions massives, déplacements, effondrement humanitaire.
Toutefois, une idée, comme on le sait, on ne la bombarde pas
Des déluges à venir
Tant qu’Israël persiste à nier le droit des Palestiniens à la liberté et à la dignité ;
et s’obstine dans le culte de la force ;
et s’adonne à la violence, à la fois réflexe et doctrine ;
la paix restera un mirage.
Et une très grave question demeurera ouverte :
Le déluge prochain… quand ? et comment ?
Nul ne le sait.
Mais il viendra, sans doute. Et peut-être ne sera-t-il pas un seul déluge, mais plusieurs :
- un déluge militaire, qui ébranlera la terre ;
- un déluge politique, qui bouleversera les équilibres ;
- un déluge moral, qui mettra les consciences à nu ;
- un déluge international, dont les ondes redessineront le monde…
Conclusion
Le scénario reste ouvert à toutes les possibilités.
Mais une chose est certaine : Gaza n’est pas finie.
Dans ses cendres brûlent toujours des braises vivantes, qui s’adressent au monde et l’avertissent :
«Nous sommes toujours là… et nous le resterons.»
Colonel (à la retraite) El Boukhary Mohamed Mouemel
(*) Traduit de l’arabe en grande partie grâce à la fusion des apports de trois assistants IA : ChatGPT, Grok AI et Deep Seek AI.
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