L’errance féconde d’une plume lucide/ Par : Mohamed Ahmed Ould Taghi

Lorsque j’ai eu vent de la parution de Tout simplement, ma plume en errance dans trois souffles, sous-titré S’évader, observer, lire, je me suis empressé de l’acquérir, mû par une curiosité ancienne et une estime intellectuelle patiemment construite au fil du temps.

Je ne connais son auteur, El Boukhary Mohamed Mouemel, qu’à travers les espaces virtuels, sans jamais avoir eu l’occasion de le rencontrer physiquement. Pourtant, certaines rencontres de l’esprit précèdent parfois celles des corps.

À mes débuts sur Facebook, il avait déjà retenu mon attention par un intérêt singulier pour la peinture, et plus particulièrement pour l’art abstrait, là où beaucoup, dans notre environnement, n’y voyaient que des formes incompréhensibles ou de simples graffitis dénués de sens. Cette sensibilité esthétique, en rupture avec les perceptions convenues, laissait déjà entrevoir un regard différent sur le monde : un regard qui ne s’arrête pas à la surface, mais cherche, dans le désordre apparent, les lignes invisibles d’une cohérence plus profonde.

Depuis lors, j’ai appris à apprécier ses écrits disséminés dans l’espace numérique. Mais cette lecture m’a confronté à quelque chose de plus vaste : l’originalité d’une œuvre qui refuse l’enfermement dans un genre ou une pensée unique. Le livre se présente comme une mosaïque de textes aux horizons multiples, un foisonnement maîtrisé qui interpelle dès les premières pages et entraîne le lecteur vers des questionnements fondamentaux.

Au fil des pages, les mots se font et se défont avec une fluidité presque organique. Les idées se croisent, se percutent, s’interpénètrent et s’interfécondent, donnant naissance à une réflexion dense et lucide sur un monde en pleine mutation. Un monde qui semble se chercher tout en produisant autour de lui ses propres turbulences, parfois grisé par l’image démesurée qu’il nourrit de lui-même.

Lire cette œuvre, c’est accepter une invitation au déplacement intérieur : s’évader sans fuir, observer sans juger hâtivement, lire au-delà des apparences. C’est aussi découvrir une plume errante au sens noble du terme — une plume qui explore, interroge, dérange parfois, mais surtout éclaire.

Mohamed Ahmed Ould Taghi

Source  : Md Ahd Ould Taghi (Facebook )

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