Quoi de plus amer que de se fatiguer à écrire sans faire vivre ce qu’on a pondu, simplement parce qu’on s’abstient de le partager ?
C’est ma façon de dire, et de ne rien dire en même temps. Elle n’est certes pas plaisante. Mais que voulez-vous ? Je m’y retrouve. Parler à soi-même par écrit n’implique pas forcément les autres. Disons : pas directement. Car les mots débordent toujours ; ils échappent à leur propre auteur.
Pour aller où ? « Partout et nulle part », allais-je dire, en ce qui me concerne. Mais c’est archifaux. Les autres — l’homme, la nature, l’espace, l’univers — m’habitent et m’accaparent.
Qu’est-ce que je raconte ? Je rêve ? Je divague ?
« C’est décousu, tout ça », me dirait mon grand marabout algorithmique. Je le sais. Et alors ?
Il a par ailleurs raison : c’est sans titre, sans marque. Mais n’est -ce pas déjà une marque, celle-là ?
El Boukhary Mohamed Mouemel
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