Urgent ! La France joue au mauvais équilibriste dans la crise gabonaise

Après l’annonce des résultats des élections présidentielles gabonaises largement contestées par Jean Ping, candidat malheureux, et son camp, la France s’est démarquée de Bongo en déclarant que « les conditions de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation », réjoignant ainsi l’argument central de l’opposition. Mais d’un autre côté, elle estime que « .la contestation des résultats doit se faire selon les voies juridictionnelles ».

Ce légalisme comporte implicitement un désaveu du camp perdant qui a aussitôt choisi la rue comme mode de contestation. Conséquences :  une assemblée nationale incendiée, le siège de Jean Ping pris d'assaut par les forces de l'ordre, des morts, des pillages, beaucoup de violence... 

 Dans cette crise post électorale grave, le Quai d’Orsay aura du mal à réussir le jeu d’équilibriste qu’il s’efforce de mener. Le manque de lisibilité de sa position ne risque-t-il pas d'envenimer le problème davantage et de conduire le pays vers une situation sécuritaire hors de contrôle? Ne risque -t-on pas avec ce laxisme de conduire le Gabon vers une guerre civile comme ce fut le cas en Côte d'Ivoire il y a quelques années avec Gbabo et Sarkozy ? Hollande, qui mène des guerres contre le terrorisme en Afrique, plus ou moins declarées, au Mali, au Niger, en Centrafrique, en Libye, au Nigéria... ne perd certainement pas de vue cette éventualité dangereuse.  .   

Soulignons que, selon les résultats officiels, annoncés avec pas mal de retard sur les délais prévus initialement, Ali Bongo  a obtenu 177.722 voix, contre 172.128 pour son principal adversaire, Jean Ping. Soit une légère différence de 5500 voix environ.

El Boukhary Mohamed Mouemel

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Le texte intégral de la déclaration française

Les conditions de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation. La France réitère son souci de transparence. Nous estimons nécessaire que les résultats de tous les bureaux de vote soient publiés. C’est la crédibilité du scrutin ainsi que la réputation internationale du Gabon qui sont en jeu.

La France demande aux acteurs gabonais d’inscrire leur action dans le cadre de la loi et de récuser toute forme d’intimidation ou de confrontation. La contestation des résultats doit se faire selon les voies juridictionnelles. L’examen des recours devra être impartial et dédié à l’établissement incontestable de la sincérité du scrutin.

Aux côtés de ses partenaires africains et internationaux, la France sera vigilante.

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