Une lettre au peuple mauritanien / par: Ely O. Sneiba

Messieurs,

Le peuple mauritanien  

Messieurs,

Le peuple mauritanien était métissé bien avant le racisme ambiant ;

-parlait une seule langue savante bien avant les nouveaux Bantoustans ;

- vivait en intelligence bien avant l'ethno-communautarisme clivant ;

- et prenait son envol avant les pesanteurs courantes.

Par égoïsme, on a compromis sa cohésion, décrété son antagonisme et alourdi sa marche vers le progrès et le bien-être commun.

On lui explique que la couleur de peau est une fontaine de problèmes. Et pourtant, les Peuls et les Toucouleurs n'ont ni les mêmes traits physiques ni la même pigmentation cutanée. Mais, la langue des Peuls a scellé l'unité de l'ethnie malgré l'existence de groupes sociaux de diverses origines, de castes et de gens de conditions serviles, esclaves et autres.

On lui répète depuis son accession à l'indépendance nationale que la confusion linguistique est une chance et que l'uniformise en la matière est synonyme d'assimilation et d'exclusion. Pure mystification, l'anglais et le français unissent les Africains sans crier halte à la dépersonnalisation et à l'assujettissement !

On lui chante que la règle des quotas ethniques inscrite dans la constitution est le seul moyen à même de garantir l'unité nationale. Pour comprendre que cette revendication est utopique, il suffit de faire un tour en Afrique : aucun pays ne la consacre.

Pour vivre ensemble, il faut se comprendre dans une langue du patrimoine linguistique nationale, dans celle de la majorité. C'est ainsi en Afrique.

Ely O. Sneiba

category: 

Connexion utilisateur