Que d’injustice! /El Wely Sidi Haiba

Patrice de Mac Mahon : Que d'eau ! Que d'eau !
Préfet : Et encore, Monsieur, vous ne voyez que le dessus.

Fardeau des épaules, épée de Damoclès, poids du glaive sur les têtes, tranchant du sabre sur les  gorges, tenaille des ventres creux aux mille pinces tranchantes, fouets aux flagelles crochues lacèrantes des dos croupis et des membres endoloris,  l’injusticepiétine par ses mille pattes hideuses et velues les visages innocents des pauvres.

Elle bafoue par son arrogance les classes déshéritées issues dans leur majorité écrasante du peuple de second rang hiérarchique et de castes du bas de l’échelle, mais dont le dénuement pourtant rude, n’a jamais entamé la nature humaine.

L’injustice  ne se voile pas la face dans ce pays des grands espaces, des poètes de la rime sablonneuse et salée, des  contradictions sans limites, des esprits malins, délirants,  rebelles et fugaces. Mais elle s’annonce avec fierté partout  où elle sent la défiance.

Elle s’affiche, souvent sans retouches,  le visage du caractère ferme et belliqueux, et rabat d’autres fois le masque impétueux du sadisme, du cynisme et de tous autres comportements abjects de l’insolence.

Partout, ses traces indélébiles marquent du saut du rejet les ardeurs, et ses plaies béantes handicapent les mouvements et affligent les consciences.

Au nom de quelques tribus dont le nombre n’excède pas les doigts de deux mains et d’autant de familles des hautes castes ethniques, les riches en herbe sèche - dans un pays moins que soixantenaire  qui n’a connu, à aucun moment de son histoire sans aristocratie nantie,  ni sédentarisme productif, ni tradition industrielle, ni trace d’un quelconque faste civilisationnel - rempilent tels les grandes familles des traditions industrielles centenaires de l’occident et de l’Asie par tous les faux stratagèmes, les milliards à partir des caisses et deniers de l’Etat, usurpent biens mobiliers, fonds marins, filons d’or et autres minerais des terres profondes, domaines publics et, marginalisent les masses.  Une valse viennoise aux trois temps binaires dont le rythme s’accélère au détriment du clair de la population qui a depuis bien longtemps perdu le pied à tout mouvement.

Que d’injustice ! Que d’injustice ! Et l’on en voit que le dessus !

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