Le président Aziz entre dans le Panthéon de l’Histoire

                                                     «  Pour les autres, je suis ce que j’ai fait », Malraux.

Je ne forcerai pas  ma pensée et mes sentiments en disant que le discours prononcé par le président Mohamed Ould Abdel Aziz lors de la séance de clôture du dialogue inclusif  national a tinté  aux  oreilles des Mauritaniens comme un grand évènement de portée historique. Non pas qu’avec le dialogue inclusif sont jetées les bases tant souhaitées  d’une troisième république qui répondent  aux problèmes auxquels la Mauritanie est aujourd’hui confrontée, ce qui est en lui-même un acquis éminemment important. Mais surtout  ce discours est le signe et l’insigne d’une vision du pouvoir d’un Homme qui refuse de subir l’histoire, ou de la servir pour des intérêts personnels, ce qui revient au même.

Un Homme, par le refus personnel de changer l’article relatif au nombre des mandats présidentiels, et partant, de ne pas briguer un troisième mandat, administre à tout le monde une leçon d’humilité,  de courage politique et de culture démocratique, malgré le gout insipide de l’être humain pour le pouvoir ;  surtout   dans le  monde arabo-musulman et africain où les hommes aspirent tous à la domination et au pouvoir, et il n’en est point qui ne fût dirigeant, où le serait, s’il le pouvait.

Car  le pouvoir dans nos contrées est  une drogue qui rend  paranoïaque  quiconque y touche, qui corrompt quiconque s’y installe, qui détruit quiconque s’y complait.

Car par les phares de renommée qui éblouissent, le pouvoir  donne à celui qui y accède l’illusion de disposer de quelque chose comme un gage d’éternité : insouciance, impunité, avantages exorbitants, et tout concourt ainsi à laisser l’homme du pouvoir se croire affranchi des contraintes de l’humain, c’est-à-dire de la loi et de la morale. A le pousser à confondre renommée et réputation, gloire et célébrité. A cesser de douter, à perdre l’esprit objectif, la modestie, en un mot  à ne plus se considérer comme un  être  humain.

Et  décider délibérément dans ces conditions, sans aucune raison objective, sans aucune contrainte de quelque nature qu’elle soit, de le quitter malgré une popularité incontestable, uniquement dans l’intérêt du pays, de la démocratie et du respect scrupuleux de la Constitution en vigueur,  procède d’un grand courage politique et relève d’une grande envergure humaine, d’un acte sublime qui restera inscrit en lettres d’or dans l’éternité. Un tel acte est une part de notre honneur et de notre fierté nationales, une part de notre histoire contemporaine, une leçon politique administrée à toute notre classe politique, sans exception aucune.

Une leçon pour tous ceux qui l’ont accompagné que la gloire et la postérité ne sont un bien qu’autant qu’on en est digne ; et que seules les grandes décisions courageuses sont des titres suffisants pour oser prendre place parmi les grands de la politique.

Une leçon encore plus poignante  pour ceux qui ont bâti leur stratégie politique sur un troisième mandat. Ils sont aujourd’hui déboussolés, piégés par leur propre politique réduite à une lutte de l’instant, à la vindicte à la petite semaine, à un problème personnel avec le Président de la République. Car l’homme politique n’est grand qu’en tant qu’il est débarrassé de l’erreur infantile qui consiste à ramener tout à des problèmes personnels. Sinon, il se retrouve, comme le sont aujourd’hui les dirigeants de l’opposition radicale, dans une position politique peu enviable, celle de la sortie de l’histoire.

A l’opposé, le Président Mohamed Ouldabdel Aziz, en imprimant à la Mauritanie une marche inexorable dans la voie  du progrès et de la prospérité, en prenant sa décision historique de ne pas briguer un troisième mandat, arpente majestueusement le parcours des grandes figures du monde qui, par leur vision, leur action et leur décision, impriment à la marche du monde un sens et une orientation positivement retenus par l’Histoire. Il rentre ainsi dans  le Panthéon de l’Histoire par la grande porte.

 

Docteur AbdallahiOuld  Nem

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