L'ancien ministre français et homme politique Alain Carignon soutient la constitutionnalité du référendum mauritanien...

Alain Carignon est un homme politique français bien connu : gaulliste, deux fois ancien ministre (dans le gouvernement Balladur et dans le gouvernement Chirac), ancien maire de la ville  de Grenoble, et ancien président  de Conseil Général.

Lié d’amitié depuis plus de trente ans avec notre compatriote Mohamed Ali Ould Lemrabott, expert international, ancien cadre supérieur de l'ONU, il a livré à ce denier son témoignage par rapport à la constitutionnalité du référendum qui aura lieu chez-nous dans moins de deux jours.

Il l’a fait parait-il à la demande de Mohamed Ali, qui est par ailleurs bien connu par nos lecteurs à travers ses écrits et ses brillantes analyses que mauriactu publie régulièrement. Des articles qui traitent souvent de ce référendum et des questions y afférentes en y apportant des éclairages de grande qualité.

Et il est interressant de constater que l'avis d’Alain Carignon va dans le même sens  que celui de la majorité des juristes et constitutionnalistes mauritaniens  : pour l’homme politique français, le bien-fondé du référendum constitutionnel mauritanien ne doit pas faire l’objet du moindre doute.

Vous trouverez joint, ci-dessous, son témoignage dans son intégralité.

El  Boukhary Mohamed Mouemel

 

" Je suis Alain Carignon,  Ancien Ministre  à deux reprises des gouvernements Français (1986-1988 et 1993-1995), actuellement homme politique  du parti les Républicains, Gaulliste depuis le début de ma carrière politique, ancien maire de grande ville, ancien président de conseil général.

Mon ami de plus de trente ans Mohamed Ali Ould Lemrabott, expert international, ancien cadre supérieur de l'ONU, que j'avais connu quand il faisait son doctorat dans la ville dont j'étais le maire, cet ami me demande de donner mon avis personnel par rapport au référendum d'initiative présidentielle prévu en Mauritanie le 5 août 2017 pour réviser la constitution de votre pays sans passage par le Parlement.

Le témoignage que je livre est bien entendu celui d'un acteur politique  et d'un praticien de la politique et non celui d'un juriste !

"Il est tiré , ce témoignage, de mon expérience politique notamment celle que j'ai vécue en tant que Gaulliste lors des deux référendums de même nature organisés par le Général de Gaulle en 1962 et en 1969. 

En effet,  l'article 11 de la constitution de la Vè République française, adoptée en 1958, autorise le Président de la République de la République à solliciter le suffrage du peuple sur un certain nombre défini de questions dont l'organisation de pouvoirs publics, champ auquel le Général a rattaché les deux réformes engagées en 1962 et en 1969.

Or l'article 38 de la constitution mauritanienne, qui s'inspire beaucoup de celle de la Vè République française, stipule que  "Le Président de la République peut, sur toute question d’importance nationale, saisir le peuple par voie de référendum. »

Cet article mauritanien accorde au Président de la République davantage de latitude pour initier un référendum de révision constitutionnelle sans recourir à l'autre voie de révision constitutionnelle prévue par les deux constitutions des deux pays , celle qui passe par le parlement (article 89 de la constitution française et articles 99 puis 100 et 101 de la constitution mauritanienne.)

Donc, de mon point de vue , il est tout à fait clair que sur la base de l'expérience française vécue sous le pouvoir du Général De Gaulle, qui fait jurisprudence en l'espèce, vu que les deux constitutions sont voisines, cette approche peut être appliquée en Mauritanie pour les raisons que je viens d'évoquer notamment.

 

Alain Carignon,

Ancien Ministre "

 

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