
La vie du RFD est depuis toujours rythmée par les départs et les démissions de ses cadres. Cependant, le dernier cas en date intervient à un moment difficile pour cette formation qui s’identifie à son président fondateur Ahmed Ould Dadah dont la ligne politique radicale suscite de plus en plus de critique.
Il s’agit d’une déclaration qualifiée "d’officielle" par la presse, notamment Sahara medias. Selon ce site, le vice président du rassemblement des forces démocratiques, Mohamed Abderrahmane O. Moine, a annoncé ce lundi sa démission de cette formation en même temps que d’autres cadres.
Rappelons que quelques semaines auparavant, un autre Moine, Yacoub Ould Mohamed Abderrahmane Ould Moine, a claqué lui aussi la porte du RFD, et a créé un parti au nom de l’Alliance Démocratique. Et selon les mêmes sources, Mohamed Abdarrahmane Ould Moine s’apprête à intégrer cette Alliance Démocratique, rejoignant ainsi son fondateur qui n’est autre que son propre fils. De ce fait, le paysage politique national est en train de s'enrichir d’un « parti des Moine ».
Sahara medias donne la liste des démissionnaires de ce lundi et leurs fonctions ou statut au sein du RFD :
- Mohamed Abdarrahmane Ould Moine vice président du RFD
- Salem Ould Taghy membre du comité permanent du RFD
- Khatar Ould Nouh, ancien député
- Abdallahi Ould Cheikh ancien député et membre Bureau exécutif du parti
- Sid’ahmed Ould Abdallahi ancien maire
- Teyib ould Bemba administrateur civil
- Salem Amine Ould Cheikh Ahmed membre du Bureau exécutif
- Ahmed Ould Ahmed Djebab chef de la section de Grouz
Comme annoncé au début, ces huit personnes ne constituent nullement les premières défections au sein de RFD. Loin s'en faut ! Ce parti est le premier pourvoyeur des autres formations politiques dans le pays, en termes de ressources humaines. En effet, on rencontre beaucoup de cadres politiques issus du RFD dans la quasi totalité des formations politiques mauritaniennes, qu’ils s’agissent de partis d’opposition ou de partis affiliés au pouvoir. Comme eux, les derniers sortis des rangs du RFD rejoindront certainement d’autres formations. Où iront-ils précisément : accompagneront-ils par exemple Mohamed Abderrahmane pour grossir les rangs du parti des Moine ? La réponse dépend de plusieurs paramètres dont leurs appartenances tribales et régionales. Car, comme chacun le sait en Mauritanie comme dans beaucoup de pays africains, l'instrumentalisation des liens tribaux, régionux ou ethniques, constitue l’un des dessous fondamentaux de nos partis politiques.