Terrorisme au Burkina faso : de graves soupçons pèsent sur l'opposant mauritanien Ould Limam Chafi

De graves accusions viennent d’être formulées, exemples accablants à l’appui, à l’encontre de l’opposant mauritanien Mousatapha Ould Limam Chafi qui vit au Maroc depuis la chute de son ami et ex protecteur, l’ancien président burkinabais Blaise Campaoré. L’auteur de l’article qui l'accuse révèle des éléments d’information qui risquent d'être lourds de conséquences au sujet de la forte compromission, selon lui, d'Ould Chafi avec les groupes terroristes déployés dans le nord du Mali.

Conseiller particulièrement bien écouté de l’ancien président du Burkina, servant à la fois d’interlocuteur auprès des groupes armés terroristes preneurs d’otages et d’intermédiaires entre eux et les payeurs des rançons, Ould Limam Chafi jouait de fait un rôle de double rabatteur, financier et politique, au profit de Blaise Campaoré. Et lui gagnait énormément dans ce double rôle, en privélegiant le côté financier. Ce qui expliquerait le fait qu'il a souvent « servi de « porteur de valises » pour le payement de rançons en vue de la libération d’otages occidentaux enlevés par les groupuscules islamistes et touaregs au Sahel », selon le site afrique le 360.

Aujourd’hui, bien que la situation politique ait beaucoup changé au Burkina Faso, les deux complices d’hier semblent continuer encore en cachette, selon l'auteur, leur entreprise criminelle et mafieuse. Leur but : déstabiliser le régime politique au Burkina en réaction à la perte de leurs privilèges d’antan.

C’est en tout cas sous cet angle que Mr Ousmane Ag Mohamed explique le fait que le Burkina soit devenu une cible privilégiée du terrorisme dans la région du Sahel depuis la chute de Blaise Campaoré, alors qu’auparavant le pays était épargné par les groupes armés jihadistes. Mauriactu reprend ci- dessous son texte dans son intégralité.

 

« A qui profite le chaos au Burkina ?

Jusque-là épargné des attentats terroristes, le Burkina Faso, tenu, 27 ans durant, d’une main de fer, par Blaise Compaoré, chassé par un soulèvement populaire, à la fin de 2014, allait connaître les prémices de menaces sécuritaires, dès sa transition démocratique. Deux jours seulement après l’installation du premier gouvernement post-transition démocratique, à la mi-janvier 2016, le pays des hommes intègres vécut sa première attaque terroriste, au cœur de sa capitale politique, Ouagadougou. Déjà, quelques mois auparavant, la frontière nord du pays commençait à inquiéter les nouvelles autorités sécuritaires.

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est devenu, désormais, une nouvelle cible d’attaques terroristes régulières depuis 2015. Plusieurs établissements hôteliers et restaurants ont été depuis lors pris d’assaut par des commandos affiliés tous à la nébuleuse Al Qaeda, qui écumait, depuis quelques années, dans le Nord du Mali. Des expatriés occidentaux enlevés en 2015 sont toujours en captivité entre les mains de groupes islamistes liés à Al Qaeda.

Sous le règne de Blaise Compaoré, le pays n’était pas uniquement épargné de la terreur islamiste, mais il jouissait surtout d’une bonne presse auprès des maîtres de la terreur du désert malien. Moustapha Chaafi, conseiller proche de l’ex président burkinabé, avait ses entrées sûres parmi les terroristes du Sahel. Cet homme, qui savait, semble-t-il, si bien murmurer dans les oreilles des chefs terroristes du Sahel, les amenant, souvent, à libérer des otages, aurait servi de pont de paix entre le Burkina de Compaoré et les émirs d’Al Qaeda au Nord du Mali.

La collusion porte, en tout cas, en elle, des relents, autres qu’humanistes. Car à chaque fois qu’un otage se libère, par le truchement de négociations secrètes, ce n’est pas seulement un émir qui se remplit les poches en euros, mais aussi, ce sont celles du négociateur en chef. Et au passage, c’est le Burkina de Compaoré qui en récoltait les dividendes politico-médiatiques et s’assurait, par de-là, la paix requise

pour être une destination privilégiée d’une diplomatie bilatérale propice au partenariat.

Pourquoi le Burkina, noue-t-il, désormais, avec l’insécurité ?

C’est, aujourd’hui, la question qui taraude d’aucuns, aussi bien, au sein de l’opinion publique burkinabé, qu’au milieu des experts qui s’intéressent aux questions sécuritaires dans le Sahel. Sous le règne de Blaise, l’insécurité sévissait, en particulier au Mali, au Niger, un peu moins. Le Burkina de Compaoré était un peu le petit havre de paix au Sahel, qui ne jouissait pas seulement de la sécurité, mais gagnait des points et des euros à chaque fois qu’une opération de rapt d’occidentaux s’opérait chez les pays voisins. Le conseiller très spécial de Blaise, Moustapha Chafi, était justement là, se frottant les mains, salive aux lèvres, pour jouer la partition de bons offices, qui lui permettait, en plus de s’auto-affubler de titre de  »négociateur de paix », de se faire du blé à travers les retro-commissions, qu’on lui versait, en contrepartie, de son soi-disant entregent à la fois  » périlleux et hautement humain ».

Une retro commission de 2 millions d’euros pour Ould Limam Chafi ! *

Récemment, un ressortissant suédois, captif depuis quelque temps, dans le désert malien, a été libéré contre la somme de dix millions cinq cent mille euros, payée par les autorités du Qatar. Deux millions d’euros, en guise de retro commission, ont été versés à Ould Chafi. Les huit millions cinq cent mille euros, qui revenaient de droit aux ravisseurs, dépassaient de peu, ironie du sort, la promesse faite, par la République Française, à l’intention du G5 Sahel. Quand on sait où va l’argent, on comprend mieux le chaos sahélien !

Le dernier attentat terroriste, qui a frappé Ouagadougou, la semaine dernière, remet encore de manière plus sérieuse le calvaire sécuritaire que vivent les burkinabés.

La question lancinante demeure pourquoi aujourd’hui et pas hier ? Pourquoi on a été épargné sous la dictature et on devient la cible sous le premier pouvoir véritablement démocratique ?

Les soupçons s’orientent objectivement vers l’ancien dictateur, en exil doré, en Côte d’Ivoire voisin ; et finissent par trouver leur fil conducteur au Maroc, résidence du conseiller complice de tous les temps de Campaoré, le Mauritanien, Moustapha Chafi, connu pour ses liens mercantiles et mafieux avec les chefs de toutes les terreurs dans le désert malien.

Ould Limam Chafi, géniteur du groupe terroriste MUJAO ?**

Proche du Mujao, qu’il a vu naître, ou peut-être même en serait-il l’un des géniteurs possibles, Ould Chafi entretient des relations suivies avec ce groupe terroriste, dit le moins musulman, de tous ceux qui forment la nébuleuse Al Qaeda, au Sahel. Les plus avertis de l’opinion burkinabé ont, depuis la nuit sombre de la semaine dernière, les yeux, soupçonneux, rivés vers le commanditaire vraisemblable de ce douloureux événement. Vers celui a qui profite le chaos du Burkina, l’ancien dictateur, Blaise Compaoré. Vers le Maroc où a élu domicile son homme de sale besogne, le Mauritanien, Chafi, qui sait très bien murmurer, comme le décrivent certains médias occidentaux ; dans les oreilles intéressées de ses comparses d’Al Qaeda.

Par Ousmane Ag Mohamed"

* Sous-titre rajouté par Mauriactu.

** idem.

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